
Né en Bourgogne en 1973, Laurent Joyeux est le fondateur de la société Abaris, qu’il a créée afin de faire bénéficier acteurs culturels, collectivités territoriales mais aussi artistes, de son expérience de vingt cinq ans dans la direction d’entreprises dans le domaine culturel.
Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences-Po) en 1996, il est également titulaire du DESS Administration et Gestion de la Musique de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV), et mène parallèlement des études supérieures de violon, d’harmonie, de contrepoint et, depuis dix ans, de clavecin.
Dès 1993, il participe à la réouverture de l’Institut Français de Prague orchestrée par Olivier Poivre d’Arvor et Gérard Fontaine et inauguré par François Mitterrand et Václav Havel.
Après un passage à l’Orchestre de Paris, il est Directeur de la Culture et Directeur financier de la Ville de Guyancourt à Saint Quentin-en-Yvelines.
En 2002, il est nommé Directeur Administratif et Financier de l’Opéra de Lille dont il prépare aux côtés de Caroline Sonrier la réouverture dans le cadre de Lille 2004 — Capitale européenne de la Culture.
De 2004 à 2009, Laurent Joyeux est également maître de conférence à l’Institut d’Études Politiques de Paris et enseigne l’économie et la politique de la culture et des médias.
En 2007, il devient Directeur général et artistique de l’Opéra de Dijon. Il y mène une politique remarquée de résidences d’artistes — David Grimal et les Dissonances, Andreas Staier, Emmanuelle Haïm et le Concert d’Astrée, Leonardo García Alarcón et la Cappella Mediterranea, Jos van Immerseel et Anima Eterna Brugge, et le compositeur Brice Pauset — dont l’approche du répertoire dans une démarche historiquement informée constitue un des axes, aux côtés d’un engagement fort pour la création musicale et lyrique contemporaine.
Une politique de nouvelles productions qui aborde les cinq siècles d’opéra du baroque à la musique contemporaine fait entrer au répertoire de la maison des ouvrages majeurs et des œuvres rares sur les scènes lyriques internationales. Ces productions font appel à des metteurs en scène de stature internationale tels Philipp Himmelmann, Nicola Raab, Robyn Orlin etc., et font découvrir les premières créations en France d’artistes de premier plan comme Barrie Kosky, Florentine Klepper ou Immo Karaman. L’Opéra de Dijon a alors accompagné — avec d’autres — les premiers pas de Jean-Yves Ruf, Guillaume Vincent, Clément Hervieu-Léger, Richard Brunel, Lilo Baur, ou encore Mikaël Serre dans le domaine lyrique. Laurent Joyeux inscrit par ailleurs l’Opéra de Dijon au sein d’un dense réseau de coproducteurs européens parmi lesquels on peut citer le Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, La Monnaie de Bruxelles, la Komische Oper de Berlin, l’Opéra royal du Danemark, le Staatsoper de Nuremberg, le Stadttheater de Klagenfurt, l’Opéra de Turin, l’Opéra national de Pologne, l’Opéra national de Prague, le Théâtre des Champs-Elysées, Angers-Nantes Opéra, l’Opéra de Lille, l’Opéra national de Lorraine, l’Opéra national du Rhin, et de très nombreux opéras français.
Sous sa direction, l’Opéra de Dijon — et son auditorium à l’acoustique estimée, devient un lieu incontournable de tournée pour les meilleurs orchestres et artistes européens, tout en s’affirmant comme un lieu reconnu de soutien aux ensembles et artistes indépendants de toute l’Europe.
Il développe aussi une politique reconnue en Europe d’accessibilité et d’ouverture à tous les publics, avec une série d’actions culturelles à destination des publics les plus éloignés de la culture. Sous son impulsion, les taux de fréquentation (opéra, danse, concerts) s’élèvent à 92% et la part du public de moins de 26 ans atteint 27% des billets vendus. En dix ans, le nombre d’abonnés a été multiplié par trois, le nombre de spectateurs payants par deux. Parallèlement, il mène une politique active de développement des ressources propres (ventes et coproductions de spectacles, mécénat), qui atteignent sous sa direction des niveaux enviés.
Sous sa direction et sur la base de son projet, l’Opéra de Dijon obtient en 2017 le premier label Théâtre Lyrique d’Interêt National accordé par le Ministère de la Culture. En 2019 le Prix de la Meilleure Coproduction Européenne, décerné à la production Les Boréades de Rameau mise en scène par Barrie Kosky et dirigées par Emmanuelle Haïm, et la nomination en 2020 de la production de la Finta Pazza dirigée par Leonardo García Alarcón pour les Opera Awards, viennent couronner l’engagement de près de quatorze années au service d’un projet artistique exigeant et rare.
Parallèlement à ses activités de Directeur général et artistique d’opéra, Laurent Joyeux a notamment mis en scène le Ring de Richard Wagner, et Katia Kabanova de Leoš Janaček.
En 2023, il rejoint l’équipe de l’Auditorium – Orchestre national de Lyon comme délégué artistique.
Laurent Joyeux est Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres.
